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lundi 2 avril 2012

Le Genge

Le Genge est un genre musical né au Kenya dans les années 90. On peut le décrire approximativement comme un mélange de hip-hop (pour la diction) et de dancehall (pour la rythmique), agrémenté de divers éléments de musiques locales. Les textes sont généralement en swahili, ou dans sa version argotique, le sheng. Le label emblématique en est Calif Records, fondé par le producteur Clement "Clemo" Rapudo, inventeur du terme, et Juacali, une des stars du genre. Le Genge est considéré comme un sous-genre du hip-hop kényan, et est à ce titre assez proche d'autres sous-genres tels que le Boomba ou le Kapuka rap.
Ecoutons quelques unes des stars du Genge.

Nonini est un de ces artistes kényans promis à une carrière internationale et est déjà considéré comme un des 100 kényans les plus influents !



Size 8 est une des femmes les plus populaires dans ce milieu très machiste. Elle a aussi entamé une carrière internationale et fait notamment, ici, une chanson d'encouragement pour les pompiers du Texas (où se trouvent la plupart des immigrés kényans aux Etats-Unis) !


Jua Cali est la plus grande star actuelle du hip-hop kényan, le roi du genge et l'artiste le mieux payé du pays.


Jimw@t fait partie de la nouvelle génération qui monte et est déjà très populaire.


jeudi 13 octobre 2011

Le Comedy Rap

Un petit post aujourd'hui, pour survoler (rapidement) un genre méconnu : le Comedy Rap.
Dès l'apparition du hip-hop, certains n'ont pas manqué de s'en emparer pour essayer de faire rire leurs congénères : le Comedy Rap était né. Les paroles peuvent être purement comiques, voire idiotes, mais aussi parfois satiriques vis-à-vis des clichés habituels du rap ou des travers de la société.
Passons en revue quelques-uns de ces phénomènes (quelques-uns seulement, car le genre est prolixe).

Bobby Jimmy, acteur de stand-up connu aux Etats-Unis, est considéré comme un des pionniers du genre avec son groupe Bobby Jimmy and the Critters :

Rodney Dangerfield est sans conteste le premier blanc à s'y mettre aussi, et ce dès 1983 :
Dès les années 90, le genre s'internationalise. Commençons par les allemands de Fettes Brot (nul besoin de comprendre l'allemand ici, bien que si quelqu'un se dévoue pour me traduire les paroles, je ne dis pas non) :
Continuons avec le finlandais Markoolio (même remarque que pour l'allemand), et son refrain emprunté à Beck :
Les français ne sont pas en reste avec l'apparition en 1997 de Svinkels (dont on retrouvera des membres plus tard chez le Klub des loosers ou Birdy nam nam) :
C'est quand même mieux que Fatal Bazooka, non ? On ne saurait finir sans présenter le maître canadien du genre, Jon Lajoie, révélé il y a deux ans déjà avec l'album You want some of this ? :
Beaucoup d'autres auraient mérité d'être mentionnés ici, mais le but n'était pas d'écœurer tout le monde, bien que la bêtise humaine n'ait aucune limite.

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jeudi 11 août 2011

Du Portugal à l'Indonésie, le Keroncong

Les marins portugais arrivés en Indonésie au 16ème siècle y ont aussi amené leurs chansons et leurs instruments.
Avec le temps, les traditions musicales indonésiennes ont adapté cet héritage pour donner un genre nouveau, le Keroncong ou Kroncong (prononcer "Krontchong"). L'orchestre type comprend 2 ukulélés, une flute et/ou un violon, une guitare de type cavaquinho, un violoncelle et/ou une basse en pizzicatti. Un chanteur ou une chanteuse complète le tout.
Le nom lui-même vient des 2 ukulélés, qui donnent non seulement l'impression de jouer un peu en accéléré par rapport au chant, calme et posé, mais aussi d'être imbriqués l'un dans l'autre : l'un accentue les temps et joue plutôt en arpèges (produisant un son égal à "krong") et l'autre les contre-temps avec un jeu en allers-retours ("tchong").
Ecoutons Waljinah, une des plus célèbres interprètes de Keroncong depuis les années 60, avec plus de 200 albums et 1500 chansons enregistrées au compteur.
Bien sûr, le genre a progressivement vieilli et passe aujourd'hui pour un peu ringard. D'où quelques tentatives pour le moderniser, donnant naissance à la Pop Keroncong. Il n'y a que les instruments qui changent, en fait :
D'autres, tel Manthous, choisissent d'y intégrer des éléments du gamelan, tout en s'éloignant un peu plus des gammes occidentales :
Une des tentatives les plus populaires dans les années 70 fut celle du groupe Koes Plus. On pourrait presque y voir un avatar du reggae :


Finissons avec Bondan Prakoso & Fade 2 Black par une fusion plus intéressante entre le keroncong et des éléments de hip-hop :
Le Keroncong ne semble donc pas mort, puisqu'il a su se renouveler à travers le temps et s'exporte même aujourd'hui au Pays-Bas et à travers toute l'Asie du Sud-Est.