dimanche 4 décembre 2016

Eloge du compositeur Antoine Taudou en 1870

Antoine Taudou, né en 1846 à Perpignan, n'est en 1870 encore qu'un jeune violoniste et compositeur. Grand prix de Rome de composition musicale en 1869, il commence à se faire un nom, à la fois en tant qu'interprète et comme compositeur de ses premières œuvres.

Musicam scire
Antoine Taudou en 1903


Le journal Le Roussillon du 25 mai 1870 retranscrit son éloge, tel que paru dans un autre journal de l'époque, Le Français. On y trouve la mention de quelques unes de ses œuvres de jeunesse, information utile tant les sources sont rares pour ce compositeur oublié de nos jours et dont à ma connaissance il n'existe pas d'enregistrements (du moins n'en ai-je pas trouvé). Sans doute ses compositions assez conventionnelles suscitent-elles désormais moins d'intérêt, et Antoine Taudou est plutôt encore connu comme ayant été le professeur d'harmonie au conservatoire de Paris d'élèves devenus célèbres, parmi lesquels notamment Charles Koechlin.

Le Français publie l'article suivant sur un de nos compatriotes, M. Taudou.
« Agé de vingt-trois ans à peine, M. Taudou a déjà vu son mérite comme violoniste et comme compositeur constaté cinq fois par le conservateur qui, au dernier concours, lui a décerné le grand prix de Rome. Son habileté comme virtuose s'est révélée dans l'exécution de la sonate en la  de Rubinstein, et le style pur et élégant qu'il a montré dans l'interprétation du cinquième quatuor de Beethoven, lui ont valu des félicitations du public intelligent et connaisseur réuni pour l'entendre ; elles lui ont valu celles plus flateuses encore des artistes éminents qui l'entouraient. En voyant Mme Massart, MM. Rubinstein et Jacquard prêter leur concours à M. Taudou, on était assuré de son avenir.
« Ses compositions sont claires, faciles à comprendre, pleines de grâce et de charme, ont séduit l'auditoire tout entier, et cette fois, par une exception qui ne se renouvellera peut-être pas, les amateurs craintifs ont applaudi spontanément sans jeter un regard furtif sur des mains plus autorisées. D'abord, c'était une « mélodie » pénétrante empreinte de la plus rare distinction parfaitement chantée par M. Bouhy, puis une barcarolle dont le rhythme s'alliait heureusement à quelques strophes de Victor Hugo, et enfin trois morceaux de violon exécutés par l'auteur.
« L'adagio a obtenu les suffrages de l'estrade les plus précieux, on le sait ; la « Napolitaine » souvenir du récent voyage de M. Taudou en Italie, a été dite avec verve et brio. Mais ce que personne n'oubliera, c'est la « chanson » dont le tour imprévu rappelle ces « Lieders » de Heine, où l'esprit et la finesse n'excluent pas un sentiment tendre à peine indiqué et aussitôt remplacé par une note railleuse. Cette « chanson » est un petit poème et résume le talent de M. Taudou, talent qui nous promet pour l'avenir un compositeur destiné à figurer parmi les artistes d'élite résolus à conserver les saines traditions de l'art et à chercher leur idéal dans ce qu'il y a de plus pur et de plus élevé.

G. Huber. »


Si l'on tente de résumer les œuvres composées  par Antoine Taudou mentionnées dans cet article nous avons donc :
* deux pièces chantées : une mélodie et une barcarolle sur des vers de Victor Hugo ;
* trois pièces pour violon : un adagio, une « Napolitaine » et une « chanson ».
Concernant la mélodie, l'article mentionne le chanteur, M. Bouhy. S'il s'agit de Jacques Bouhy, chanteur en vogue à l'époque, sans doute est-ce donc une pièce pour baryton.

Précisons enfin qu'un des soutiens cités dans l'article n'est autre qu'Anton Rubinstein, grand pianiste et compositeur russe, à l'époque en tournée dans toute l'Europe.

Source : Le Roussillon du 25 mai 1870 [domaine public], via le fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan.
Photo : Portrait d'Antoine Taudou par Pierre Petit dans la revue Musica en 1903 [domaine public]



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mardi 24 mai 2016

Premières chansons de Bob Dylan

En ce 24 mai 2016, Bob Dylan fête ses 75 ans. Pour célébrer cet anniversaire, j'ai souhaité revenir à son premier album, Bob Dylan, enregistré fin 1961 et paru en mars 1962. Essentiellement constitué de reprises de chansons folk diverses, il contient cependant deux chansons de sa composition, que j'ai trouvé intéressant de ré-écouter. Un petite remarque sur la pochette de l'album auparavant : la photo aurait été inversée afin que le manche de la guitare qu'il tient dans ses mains ne masque pas le logo de Columbia, habituellement situé à gauche.

Musicam scire


Depuis fin 1960, Bob Dylan a quitté Minneapolis, en passant par Chicago, pour finalement arriver à New York à la fin de janvier 1961. Les débuts y seront bien sûr difficiles et c'est donc ce qu'il exprime dans la la chanson Talkin' New York : son arrivée à Greenwich Village, ses premières rencontres et son style un peu étrange qui l'empêche de se produire dans les bars (« You sound like a hillbilly; We want folk singers here. »).


Dans son deuxième titre, Song to Woody, Bob Dylan rend hommage à Woody Guthrie, son maître du folk qu'il est venu voir dès son arrivée à New York.Ce dernier est alors malade mais apprécie le talent du jeune homme. L'air de Song to Woody s'inspire donc logiquement d'une chanson de 1941 de Woody Guthrie, 1913 Massacre.



Liens
Wikipédia
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samedi 7 mai 2016

La naissance de Johannes Brahms

Une entrée fracassante !


Le 7 mai 1833 naissait à Hambourg un certain Johannes Brahms.

On peut lire dans la Bibliothèque universelle et Revue suisse (102e année, tome 6, n° 16) un petit récit paru peu après sa mort, le 3 avril 1897 à Vienne, où il fut enterré. On y apprend les circonstances de la naissance de Johannes Brahms, né d'un père d'abord joueur de cor d'harmonie et qui devint par la suite contrebassiste dans l'orchestre du théâtre de la ville. Ce n'était sans doute pas un très grand musicien, mais malgré tout sérieux et qui surtout, ainsi que nous l'indique ce récit, possédait la clef de l'armoire aux partitions de l'orchestre...

Musicam scire
Johannes Brahms en 1875

(...) Vienne, qui garde déjà les tombeaux de Mozart, de Beethoven et de Schubert, vient de donner une sépulture à Johannes Brahms. La vie de ce grand homme a été des plus unies : de sa première à sa dernière heure, elle fut consacrée à la musique. Sa naissance même l'y prédestinait.
En ce temps-là, en effet, l'orchestre du théâtre de Hambourg possédait le modèle des contrebassistes, qui cumulait ces fonctions avec celles de secrétaire. Jamais, depuis quinze ans, l'excellent homme n'était arrivé une minute en retard ou n'avait égaré un feuillet de musique. Générale fut la surprise quand, le soir du 7 mai 1833, on s'aperçut que non seulement le contrebassiste était absent, mais encore qu'il avait emporté la clef de l'armoire aux partitions. On courut chez lui. Le brave homme venait d'être père. Sa femme avait donné le jour à un gros garçon et l'émotion, pour la première fois de sa vie, lui avait fait oublier ses devoirs d'artiste. Le public impatient tapait des pieds sur le rythme universellement connu. Le régisseur se tira d'affaire en indiquant aux spectateurs le motif du retard. Ils se radoucirent et saluèrent de joyeux vivats l'entrée dans ce monde de l'enfant qui devait être Johannes Brahms.


Source : Bibliothèque universelle et Revue suisse (102e année, tome 6, n° 16) [domaine public], via Gallica.
Photo : Emil Bühler [domaine public]


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samedi 12 décembre 2015

Premier film avec Frank Sinatra en 1943

Frank Sinatra est né il y a exactement cent ans,  le 12 décembre 1915. En forme d'hommage, je souhaiterais mettre en avant sa première apparition créditée au cinéma, dans un film de février 1943 intitulé « Reveille With Beverly ».

Frank Sinatra était déjà apparu chantant une chanson dans un film de 1941, « Las Vegas Nights », mais son nom n'était pas crédité au générique. En 1943, il est non seulement crédité mais, comme on peut le voir, il figure aussi sur l'affiche, bien qu'il n'y soit pas tout seul : y figurent notamment quelques stars telles que Bing Crosby, Duke Ellington et Count Basie, chacun avec leurs orchestres respectifs.

Affiche du film « Reveille With Beverly »
En 1943, Frank Sinatra a alors vingt-huit ans, sa carrière vient de décoller trois ans plus tôt et il vient d'avoir son premier succès à Broadway un mois avant. Il chante dans ce film une chanson de Cole Porter, Night and Day.


Par la suite, durant sa longue carrière, Frank Sinatra participera à plus de 70 films et recevra de nombreuses récompenses. Il en réalisera même un en 1965, None But the Brave, un film de guerre qui est aussi la première co-production américano-japonaise de l'histoire du cinéma.

Crédits affiche et extrait vidéo : copyright Columbia Pictures.



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vendredi 26 décembre 2014

Albums brésiliens de 2014

Avec l'effet coupe du monde, plutôt que de regarder le football, je me suis dit cette année que c'était une bonne occasion de découvrir ce qui se faisait d'intéressant dans la musique brésilienne d'aujourd'hui. Après avoir écouté quelques dizaines de disques sortis en 2014, et ce sans a priori puisque je n'y connaissais pas grand chose (hormis les grands classiques), j'en ai tiré une petite sélection de 11 albums. Je vous épargne les mauvais disques en tous genres que je me suis également infligé (j'écoute toujours un disque en entier).

Note :
MPB : Música Popular Brasileira, une sorte de mélange de bossa nova et samba avec des influences étrangères, né dans les années 60 en réaction à l'invasion du rock.




Le premier disque de la liste est à mon avis le seul qui sorte un peu du lot pour cette année 2014. Le reste (classé par ordre alphabétique) est bon mais pas inoubliable tout en étant digne d'intérêt pour se faire une idée de la production musicale contemporaine de ce pays. On retrouve dans cette sélection aussi bien des nouveaux venus que des vétérans. Tous ces albums sont disponibles à l'écoute sur les différents sites de streaming en ligne.

Far From Alaska (groupe formé en 2012 à Natal, Rio Grande do Norte)
modeHuman
4/5
Rock indépendant/Stoner rock


Romulo Fróes (né en 1971 à São Paulo) Barulho feio 3,5/5 MPB

Gilberto Gil (né en 1942 à Salvador, Bahia) Gilbertos Samba 3,5/5 Samba

Graveola e o Lixo Polifônico (groupe formé en 2005 à Belo Horizonte, Minas Gerais) Vozes Invísiveis ou Dois e Meio 3,5/5 MPB / Art pop

Ideia de Antes (groupe formé en 2010 à São Paulo) Ideia de Antes 3,5/5 Latin jazz

 MC Bin Laden (né en 1994 à São Paulo) MC Bin Laden Funk carioca (mélange samba/Miami bass/hip-hop)   Mombojó (groupe formé en 2001 à Recife, Pernambuco) Alexandre 3,5/5 MPB / Rock psychédélique

ruído / mm [bruit par millimètre] (groupe formé en 2003 à Curitiba, Paraná) Rasura 3,5/5 Post-rock (assez calme)

S.P.Y (pseudonyme de Carlos Lima, né à São Paulo) Back to Basics Chapter One 3,5/5 Drum and Bass

Maria Bethânia (née en 1946 à Santo Amaro da Purificação, Bahia) Meus quintais 3,5/5 MPB

Tom Zé (né en 1936 à Irará, Bahia) Vira Lata na Via Láctea 3,5/5 MPB

Mentionnons quelques artistes ayant également produit cette année des disques potables mais dispensables (à mon avis) :  Erasmo Carlos (rock / MPB), Carne Doce (rock psychédélique), Vanessa da Mata (MPB et électro), Pitty (rock alternatif), Ian Ramil (folk pop), Martinho da Vila (samba), Skank (pop-rock), Fernanda Takai (MPB), Titãs (MPB), Clara Valente (MPB), Zé Vito (pop-rock).

N'ayant pas publié de best of du Brésil l'année passée, je rappellerai pour terminer mon n°1 de ce pays pour 2013. Bossacucanova (groupe formé en 1999 à Rio de Janeiro) Nossa Onda é Essa ! (sorti en Europe en 2014 sous le titre Our Kind of Bossa) 4/5 Bossa nova

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mardi 12 août 2014

Robin Williams et Ry Cooder racontent des histoires

La disparition subite du formidable acteur qu'était Robin Williams (1951-2014)  est tragique et regrettable. Je n'ai rien à ajouter qui ne sera dit dans tous les hommages qui ne manqueront pas de lui être rendus.

En souvenir, je voudrais rappeler ici l'existence d'un disque de Robin Williams publié en 1988 avec le prolifique musicien et producteur Ry Cooder pour la société Rabbit Ears, spécialisée dans les contes pour enfants, créés à la fois en dessin animé (en fait des successions d'images) et en livres-disques correspondants. Ry Cooder se charge de la musique et Robin Williams prend l'accent du Texas pour nous raconter l'histoire incroyable de Pecos Bill, personnage créé par Edward O'Reilly en 1917. Il s'agit d'un enfant perdu par sa famille au fin fond du Texas vers 1830 et élevé par les coyotes. Retrouvé par un cowboy (dans certaines versions, son frère) des années plus tard, il devient lui-même un cowboy hors du commun, notamment capable d'attraper une tornade avec son lasso ou de dresser n'importe quel animal.
L'histoire est drôle et les voix des différents personnages, toutes réalisées par Robin Williams, le sont encore plus. Les accents des rustres cowboys du Texas ne seront pas faciles à comprendre pour tout le monde, mais n'empêchent pas malgré tout de suivre l'histoire.

Pecos Bill
Texte : Brian Gleeson
Narration  : Robin Williams
Musique  : Ry Cooder
Illustrations : Tim Raglin
Rabbit Ears, 1988

1ère partie de l'histoire


2ème partie de l'histoire



Photo : By Spc. Erik LeDrew, U.S. Army [Public domain], via Wikimedia Commons 
Pochette de disque : Rate Your Music (cf. lien)


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samedi 19 avril 2014

Gabriel García Márquez en 33T

En hommage à Gabriel García Márquez qui vient de nous quitter ce 17 avril 2014, je découvre qu'il existe un 33T édité à Buenos Aires en 1967 où il lit lui-même le premier chapitre de Cent ans de solitude.


Je n'en ai pas rencontré de trace enregistrée sur le net bien qu'on le trouve à la vente ici et là.

En compensation, je vous propose d'écouter un morceau des Calchakis intitulé Gabriel García Márquez. On nous y dit notamment :
Gabriel García Márquez, l'Amérique entière a trouvé une voix dans ta voix.





samedi 12 avril 2014

Déodat de Séverac à Céret

Le Musée des instruments de Céret (Pyrénées-Orientales), dont je narrais l'inauguration il y a presque un an, propose aujourd'hui une journée spéciale consacrée à Déodat de Séverac (1872-1921), compositeur ayant vécu la fin de sa vie à Céret, au sein du Vallespir, où il s'est marié, a eu une fille et est mort en 1921.

Parmi l'importante collection de 12 000 partitions que possède ce musée, on trouve le Cant del Vallespir (Chant du Vallespir) (1911), poème de Jean Amade mis en musique par Déodat de Séverac et créé le 2 juillet 1911 à l'occasion des fêtes de Céret et devant, dit-on, 4000 personnes entassées aux arènes de la ville.



Note : Déodat de Séverac est bien dans le domaine public, mais pas Jean Amade (1878-1949), bien que cela ne saurait tarder (encore cinq ans). Je ne ferai donc pas de retranscription des paroles figurant sur ces photos. Débrouillez-vous !

lundi 17 février 2014

Albums espagnols de 2013

Voyons les quelques albums intéressants parus en cette année 2013 en Espagne.

Pour rappel : Albums espagnols de 2011 et Albums espagnols de 2012 .

 

Joe Crepúsculo , Joël Iriarte, est un jeune musicien originaire de Catalogne bien connu de la scène pop indépendante. Par ailleurs membre de plusieurs groupes barcelonais, il a publié en solo de nombreux albums souvent distingués par la critique et, fait notable, sous licence Creative Commons donc téléchargeables gratuitement et légalement. Baile de Magos est sa dernière production, sortie en mars 2013. Le titre phare de l'album, Mi fábrica de baile flirte avec la techno pop et a été élu "morceau de l'année" par la revue espagnole Rockdelux. Note globale 4/5





Guadalupe Plata est groupe originaire d'Úbeda, en Andalousie.  Après un premier album sans titre en 2011 (et figurant déjà dans ma sélection espagnole de cette année), celui-ci, sorti au mois de janvier, est sans-titre également. Un bon album de blues rock qui gagnerait sûrement à être entendu en live. Meilleur titre : Esclavo. Note globale : 4/5





Def con Dos est un groupe de rap rock originaire de Madrid fondé en 1989. J'ai bien aimé leur dernier album, España es idiota, bien qu'il manque vraiment un titre qui sorte un peu du lot. Mais pour qui veut du bourrin de qualité, souvent proche du rap metal, et en espagnol, c'est exactement  ce qu'il faut. Note globale : 4/5


Wikipédia




C'est à peu près tout pour cette année. Je mentionnerai toutefois quelques autres albums ayant obtenu  3,5/5 et dignes d'intérêt.

Quique Gonzalez - Delantera mitica (pop rock)
Pony Bravo - De palmas y caceria (indie rock)
Ska-P - 99% (ska punk / reggae)
Dorian - La velocidad del vacio (electropop)
Jardin de la Croix - 187 Steps to Cross the Universe (post-rock)
Vicente Amigo - Tierra (flamenco nuevo)
Niño y Pistola - There's a Man With a Gun Over There (folk rock)
Los Coronas - Adios Sancho (surf rock)
The Suicide of Western Culture - Hope Only Brings Pain (post-rock)
Henry Saiz - Reality Is for Those Who Are Not Strong Enough to Confront Their Dreams (tech house)
08001 - No Pain No Gain (pop-rock)

mardi 31 décembre 2013

Mort un 31 décembre : Charles Koechlin (1867-1950)

Il y a quelque chose de la punition à mourir un 31 décembre, un peu comme si on nous empêchait de voir la fin du film. Ce fut le destin de Charles Koechlin, compositeur de l'école française mort en 1950 à 83 ans., après une vie bien remplie tout de même et dont il dit lui-même qu'elle lui "a donné la satisfaction intime de n'avoir pas perdu [son] temps sur la terre".

En souvenir de ce compositeur, je vous propose d'écouter un extrait de son Livre de la jungle, poème symphonique inspiré du livre éponyme de Rudyard Kipling.




Photo : Par Anonymous photographer [Public domain], via Wikimedia Commons

jeudi 7 novembre 2013

Camus Recordings

En ce 7 novembre 2013, jour du centenaire de la naissance d'Albert Camus je découvre, au hasard de mes pérégrinations sur la toile, l'existence d'un supposé label dénommé Camus Recordings. Le seul et unique enregistrement référencé est un disque du groupe américain de hip hop alternatif Arrested Development. Ceci semble être leur premier maxi, bien que non officiel, puisqu'uniquement à diffusion promotionnelle. Intitulé Support the Music of... et sorti en 1989, il comprend 4 titres introuvables par ailleurs (à l'exception de 2 fichiers pourris sur un site japonais et difficilement écoutables).
Je lance donc un appel : quelqu'un possède-t-il ce disque ? Je serais curieux de pouvoir en écouter le contenu.

Concernant le nom du label, s'agit-il vraiment d'un hommage à Albert Camus ? Difficile à dire, mais pas impossible connaissant le caractère engagé de ce groupe qui aurait pu trouver là une référence proche de leurs opinions. Enfin, le label est basé à Milwaukee, dans le Wisconsin (pas très loin de Chicago, en fait), tandis qu'Arrested Development est un groupe d'Atlanta en Géorgie. Plus de 1 000 km séparent les deux villes, mais bon, cela n'empêche rien et le disque précise d'ailleurs qu'il a bien été enregistré à Atlanta.

jeudi 11 juillet 2013

André Verchuren (1920-2013)



Pour saluer la mémoire d'André Verchuren (et ses 80 millions de disques vendus) qui vient de nous quitter ce 10 juillet, et puisque nous sommes en période de Tour de France, je propose de vous faire écouter Vive Poulidor (1972).



vendredi 21 juin 2013

Totó la Momposina à la Fête de la musique

Depuis la première édition de la Fête de la musique en 1982, l'initiative française s'est répandue à travers le monde et, chaque année de nouveaux pays ou de nouvelles villes s'y mettent. Bien que les premières fêtes de la musique soient apparues en Colombie il y a dix ans déjà, ce n'est que l'année dernière que Bogotá a décidé, elle aussi d'avoir sa fête de la musique. Après le parrainage en 2012 de Carlos Vives, c'est une marraine qui en assure la promotion en 2013 : Totó la Momposina.


Totó la Momposina est une des grandes chanteuses du folklore colombien. Originaire du nord-est de la Colombie, non loin de la côte caraïbe, Sonia Bazanta Vides (de son vrai nom) est née sur une île, au milieu du fleuve Magdalena, dont la plaine conséquente est surnommée depresión momposina, du nom de l'ile Mompox qui abrite son village de naissance. Elle est issue d'une famille de musiciens et danseurs et, après plusieurs années passées à s'imprégner du folklore musical et culturel des villages du nord de la Colombie, elle entame sa carrière professionnelle en 1974. Elle devient très vite une référence incontournable et une vitrine pour son pays, chantant pour Garcia Marquez lors de la remise de son Prix Nobel en 1982 ou représentant la Colombie à l'Exposition Universelle de Séville de 1992. Elle se veut aussi une anthropologue, et passera plusieurs années à se former à travers le monde, dont quatre à l'Université de la Sorbonne à Paris où elle étudiera notamment l'histoire le la musique.

Totó la Momposina est l'héritière du patrimoine musical des campagnes colombiennes, fruit de la rencontre entre les cultures indigènes, africaines et européennes. Cela ne l'a pas empêché d'évoluer : elle intègre par exemple des instruments modernes dans son orchestre dès 1996, puis en 2002 des musiciens africains. Elle revient malgré tout toujours aux genres traditionnels que sont le porro, le bullerengue, le pajarito, la cumbia, la tambora ou le sambapalo et reste donc à ce jour, par ses tournées régulières, une des meilleures ambassadrices dans le monde du folklore colombien.

Ecoutons quelques explications de  Totó la Momposina elle-même.


Ecoutons son album de 2009, La Bodega.


mercredi 22 mai 2013

Inauguration du musée des instruments de Céret

Plus de 80 gendarmes arpentaient les rues de Céret (Pyrénées-Orientales) ce samedi 18 mai, jour de marché, mobilisation inédite s'il en est pour l'inauguration d'un nouveau musée et de surcroit pour une petite ville de 8 000 habitants. Rien de polémique pourtant, puisque cette nouvelle structure est un musée de la musique. Mais il se trouve que l'invité principal des cérémonies était Jean-Pierre Bel, président du Sénat et donc deuxième personnage de l'État. Ne manquaient pas, bien sûr, les habituels élus de conseil régional, général, agglo, mairie, etc. 


Les politiques brillent et tout le monde les regarde...
 On sentait certain membres des forces de l'ordre un peu nerveux (d'autant que certains esprits rebelles en ont profité pour organiser une manif, conséquence normale et justifiée lors de la venue de personnalités politiques de ce niveau) et le filtrage par les policiers en civil pour assister aux festivités était donc assez sévère.
Passé un long moment d'attente, les politiques arrivèrent, coupèrent le ruban et, enfin, vers 11 heures, Jean-Pierre Bel prit son air le plus intéressé et la visite du musée put commencer, guidée par son directeur Paul Macé.


Le musée des instruments de Céret (MúSIC) est logé dans l'ancien hôpital Saint-Pierre, rénové à partir des années 80. Il abritait déjà diverses associations sardanistes, dont le Centre internacional de música popular (CIMP), créé en 1987. Le CIMP lui-même possédait déjà une belle collection d'instruments catalans et méditerranéens, ainsi qu'un fonds de 12 000 partitions lié au répertoire traditionnel catalan (numérisation en cours). Gestionnaire du lieu, le directeur du CIMP est donc devenu directeur de ce musée, dont le projet prend forme il y a dix ans déjà.


 Une deuxième collection vient s'ajouter à ce fonds déjà riche : le couple Heinz Stefan Herzka et Verena Nil, voyageurs et collectionneurs d'instruments, décident il y a quelques années de léguer leur collection à la ville de Céret. On y trouve des instruments du monde entier, avec une importante quantité de hautbois, ainsi que de nombreux objets contextuels. Le fonds cumulé des deux collections comprend donc aujourd'hui près de 2 500 instruments et objets, dont seuls quelques centaines sont exposés simultanément.
 Hormis deux salles au rez-de-chaussée, la majeure partie du musée se situe au premier étage. On y trouve un ensemble de vitrines présentant les instruments soit par famille, soit par région géographique, ainsi que quelques espaces diffusant de la musique ou des films. La faible qualité des photos présentées ici ne leur rend par forcément hommage, mais il faut pourtant signaler que la scénographie de l'espace d'exposition est particulièrement réussie et l'on mesure le travail qui a été nécessaire afin de pouvoir présenter ces collections de manière convenable et intelligible.


Le rôle du musée ne se limitera pas à celui d'un espace d'exposition, semble-t-il, mais aussi de découverte de musiques du monde par le biais de conférences ou de concerts, d'animations, d'ateliers de fabrication d'instruments, etc. Les curieux pourront par exemple écouter Pascal Comelade, artiste cérétan et intersidéral, jouer avec un orchestre de musique traditionnelle birmane.

En attendant, la visite terminée, l'ensemble des personnalités se sont dirigés vers la chapelle Saint-Roch qui jouxte le bâtiment afin de nous gratifier de leurs discours, passage obligé avant les petits fours.

Jean-Pierre Bel (2ème en partant de la gauche) vient de réaliser qu'il y a cinq discours avant le sien.


Photos : Fabricio Cardenas

jeudi 18 avril 2013

Jimmy Dawkins

Jimmy Dawkins
 (Tchula, Mississippi, 24 octobre 1936 - Chicago, Illinois, 10 avril 2013)

James Henry Dawkins, plus connu sous le nom de Jimmy Dawkins et surnommé Fast Fingers, vient de disparaître à l'âge de 76 ans. Il n'aimait pas son surnom, du titre de son premier album, qu'il trouvait trop réducteur.


Il faisait partie de ces très bons guitaristes du Chicago Blues qui n'ont peut-être pas eu toute l'attention méritée et qui souvent ont redémarré une carrière sur le tard. Dans son cas, après avoir été un musicien de studio réputé, il s'était consacré de longues années à la promotion d'autres artistes, avant de reprendre les enregistrements et les tournées dans les années 90. De 1969 à aujourd'hui, il aura tout de même sorti une vingtaine d'albums.

J'ai eu du mal à trouver une vidéo potable de Jimmy Dawkins en action, mais celle qui suit me plait à plusieurs titres : on le voit ici avec Tail Dragger, chanteur incroyable, et son Chicago Blues Band comprenant notamment Jimmy Dawkins (à gauche) et Lurrie Bell, autre très bon guitariste. Le morceau dure 13 minutes et il faut en attendre 5 pour enfin entendre un solo de Jimmy Dawkins, mais personne ne semble s'ennuyer dans ce bar et nous non plus. Je vous encourage donc à le regarder jusqu'à la fin.

Edit de 2017 : cette vidéo ayant été supprimée depuis la parution initiale de cet article en 2013, je l'ai remplacée par une autre enregistrée lors d'un passage à la télévision en France en 1971.



dimanche 14 avril 2013

Wee Waa

Lors de l'annonce faite par Daft Punk du prochain lancement de leur quatrième disque le 17 mai 2013 dans la petite ville australienne de Wee Waa, j'ai fait comme tout le monde : je me suis précipité sur Wikipédia et j'ai trouvé un maigre descriptif de quatre lignes. Étant moi-même un contributeur régulier de cette encyclopédie, je me suis attaqué au développement de la page, étonné que personne ne l'ai fait avant moi, malgré l'effet d'annonce. J'ai alors découvert qu'il y avait quelques célébrités locales nées à Wee Waa, parmi lesquelles une paire de musiciens. Écoutons-les.


Alan Dargin (1967-2008) était une des plus grandes vedettes du didgeridoo en Australie. Aborigène, il apprend son instrument dans la tradition et joue un didgeridoo vieux de plus d'un siècle et naturellement creusé par les termites dans le bois d'une espèce d'eucalyptus aujourd'hui disparue, le bloodwood tree.  À l'âge de 35 ans, il se fait exploser des veines de la gorge en jouant de son instrument. Il continue bien sûr à jouer malgré l'avis contraire des médecins et meurt d'une hémorragie cérébrale à l'âge de 40 ans.


Lonnie Lee (1935-) est un chanteur ayant entamé sa carrière dans les registres rockabilly et rock'n'roll de la fin des années 50 jusqu'en 1969.


Il est alors le premier australien à avoir une pochette d'album entièrement en couleur, et aussi le premier australien à enregistrer un album en stéréo. Dans les années 70 il s'installe aux États-Unis et écrit pour divers chanteurs,  principalement dans le genre country. De retour en Australie en 1984, il a depuis sorti une vingtaine de disques, anime des émissions à la télé et a repris ses tournées.

mercredi 3 avril 2013

Musique de l'Égypte antique

A quoi pouvait ressembler la musique de l'Égypte antique ?


Nous ne savons que très peu de choses de la musique de l'antiquité, et encore moins en ce qui concerne la musique égyptienne de cette époque. C'est la forme de musique connue la plus ancienne après celle des sumériens, et son évolution s'est faite sur plusieurs millénaires. Les vestiges archéologiques abondent en représentations de chanteurs et chanteuses, de danseurs et de musiciens avec leurs instruments. On trouve également de nombreux textes destinés à être chantés, hymnes pour les dieux ou pour les morts, chansons de fêtes ou pour toutes sortes d'occasions, et même la plus vieille chanson d'amour connue, vieille de presque 4300 ans (du règne de Pépi 1er sous la VIème dynastie). Il existe enfin des restes d'instruments, et les musicologues se sont depuis longtemps attelés à essayer d'en restituer des copies jouables. Toutefois, il n'existe pas, comme pour la musique de la Grèce antique, de partitions (même fragmentaires) sur lesquelles s'appuyer. Il a donc fallu extrapoler pour essayer d'imaginer ce que pouvait être la musique jouée à cette époque.

Le premier réflexe des musicologues a été de se tourner vers la musique liturgique copte, dont la tradition remonte, précisément, à l'Egypte antique. On a alors une première idée de quel était ce son.



La reconstitution d'instruments d'époque a permis de constater la présence d'un calibrage des instruments afin qu'ils sonnent à peu près tous pareils. Les sons produits par les flûtes typiques de ce temps ont également soulevé l'hypothèse que les gammes dites "pythagoriciennes" (donc inventées par les Grecs), à l'origine de nos gammes modernes, auraient déjà existé, au moins en partie, chez les égyptiens. Au moins deux gammes de sept notes semblent avérées : une diatonique ayant évolué progressivement vers celle de la mineur, et une autre sans doute importée des contrées Perses et plus proche des gammes arabes modernes.

Les tentatives d'interprétation de musique dans le style "Egypte antique" sont nombreuses, mais pas toujours heureuses. Certains résultats donnent l'impression d'écouter la bande son d'un péplum orientalisant ou, pire, un sorte de lounge oriental new age. Il y a eu, heureusement, des tentatives sérieuses. Celle que je préfère est celle de Soliman Gamil, professeur égyptien ayant lui-même reconstitué des instruments d'époque.


Pour approfondir le sujet, voir :
bubastis.be : une présentation détaillée de la musique égyptienne, à travers ses fonctions sociales, ses instruments, sa mythologie, son écriture embryonnaire et ses traces dans la musique d'aujourd'hui.
Egypte antique.fr : présentation plus approfondie des instruments, des notes et des rythmes supposés.

Illustration : Musicien et danseuse dans une tombe à Thèbes [anonyme, domaine public] (via Wikimedia Commons)

lundi 1 avril 2013

Top 2012

Comme chaque année, et à l'instar de beaucoup d'autres mélomanes compulsifs, j'essaye de constituer mon best of des nouveaux albums sortis et dignes d'être retenus. L'année 2011 était, de mon point de vue, un bon cru (voir le top 5 et le classement complet ). On y trouvait un peu plus de 80 bons disques dont une dizaine très bons et deux disques dignes de passer à la postérité.
Si j'ai tant tardé à publier mon top 2012, c'est que, malheureusement, le niveau n'a pas été le même cette année. Malgré plus de 300 disques écoutés et notés, je n'ai cette année qu'une soixantaine de bons disques dont seule une poignée est sortie du lot et un seul possède le potentiel pour survivre à l'épreuve du temps (bien que ce ne soit pas le plus facile). J'ai donc prolongé mes écoutes d'albums de 2012 en espérant vainement tomber sur une dernière pépite, mais non... rien n'est venu.
On trouvera ici mon classement complet.

Voyons tout de même les cinq disques à retenir pour cette année 2012.

En cinquième position, BBNG2 de Badbadnotgood.
Origine : Toronto, Canada.  Genre : Jazz fusion / Instrumental hip hop.
Note : 8,36/10
Ce groupe apparaissait déjà dans ma sélection canadienne de nouveautés 2012 .



En quatrième position, Prayer Flag de Pickering Pick.
Origine : né en 1978 à Cheltenham (Royaume-Uni).  Genre : Folk.
Note : 8,36/10



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En troisième position, ƒIN de John Talabot.
Origine : né à Barcelone en 1982.  Genre :  Balearic Beat, Deep House.
Note : 8,36/10
Ce disque apparaissait déjà sur ma sélection espagnole de 2012.


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En deuxième position, Solidarity de The Souljazz Orchestra.
Origine : Ottawa, Canada.  Genre :  Afrobeat, Soul Jazz
Note : 8,4/10
Ce groupe apparaissait également dans ma sélection canadienne de nouveautés 2012 .


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En première position, l'album éponyme de Krzysztof Penderecki et Jonny Greenwood.


Krzystof Penderecki (né à Dębica, Pologne, en 1933), est un compositeur contemporain, aujourd'hui dans un style néo-classique, voire post-romantique.
Jonny Greenwood (né en 1971 à Oxford), c'est le guitariste et arrangeur de Radiohead, classé 60ème meilleur guitariste de tous les temps par le magazine Rolling Stone, et également compositeur.
Les deux protagonistes s'admirent mutuellement, malgré leur différence d'âge et leurs parcours différents, et ont déjà souvent collaboré. Ce disque est donc structuré comme un hommage en question réponse, les pièces de Greenwood succédant à celles de Penderecki, dont il s'est inspiré. L'ensemble est très sombre, voire par moments angoissant, mais malgré tout magnifique dans les effets orchestraux obtenus.
Ce disque n'est certes pas facile, mais c'est à mon avis le seul digne de passer à la postérité pour l'année 2012.
Note : 8,8/10

Ecoutons la fin de l'album, au crédit de Greenwood.

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A noter, les gagnants de deux autres classements auxquels j'ai contribué par mes votes sur les différents disques notés.

Top 2012 de Rate Your Music, base de données collaborative.
The Seer par les Swans (New York, 1982)   8/10
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Le Top 2012 de La musique a son top, blog participatif.
Album éponyme de Barna Howard (né dans le Missouri, vit aujourd'hui à Portland, Oregon)   8/10
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vendredi 25 janvier 2013

Nouveautés Suède 2012

Pour mémoire, quelques bons disques fournis par la Suède en cette année 2012.

Anna von Hausswolff - Ceremony  8,31/10 Art pop. Née en 1986 à Göteborg, vit à Copenhague.


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SYNC24 - Comfortable Void  8,2/10 Psybient.


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First Aid Kit - The Lion's Roar  8/10  Folk pop. Duo de filles. (Stockholm)


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The Hives - Lex Hives  8/10 Garage Rock (Fagersta)


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The Tallest Man on Earth - There's No Leaving Now  8/10  Folk. Né en 1983 à Leksend.


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Méritent une mention


Goat - World Music  7,2/10  Rock psychédélique (Korpilombolo)     Spotify

iamamiwhoami - kin  7,2/10 Electropop. Née en 1981 à Linköping.     Spotify

Jens Lekman - I Know What Love Isn't  7,2/10 Né en 1981 à Göteborg, vit à Melbourne.     Spotify

Thåström - Beväpna dig med vingar  7,2/10  Post-punk. Né en 1957 à Högdalen.     Spotify

Agent Side Grinder - Hardware  7,2/10 Minimal Synth. Groupe de Stockholm.     Spotify